ASSEMBLEE PLENIERE DU 12 OCTOBRE 2000
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En préambule, il convient de préciser que : " Aménager la France de 2020 : Mettre les territoires en mouvement ", est un document élaboré et rédigé par la DATAR, qui n’engage que cette dernière.
Toutefois, comme nous y invite le Délégué à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale, le C.E.S.R. de la Réunion formule les observations suivantes :
Tout d’abord, le C.E.S.R. relève, avec intérêt, la description de l’évolution de l’aménagement du territoire en terme historique.
Il note aussi, un changement de mentalité opéré dans la vision à long terme de l’aménagement du territoire sur les 20 prochaines années. Cela part de l’objectif de responsabiliser un maximum d’acteurs, dans le cadre d’une plus grande décentralisation afin de " construire une nouvelle pensée territoriale à partir des mutations en cours ". Mais a contrario, la DATAR semble proposer de manière autoritaire la réorganisation des territoires.
Dans la forme, le C.E.S.R. tient à souligner, les difficultés de lecture et de compréhension dues au style rédactionnel ampoulé et au vocabulaire nouveau et trop " technique " (voir technocratique) utilisé.
Sur le fonds, il s’étonne qu’en matière de développement économique, aucune référence ne soit faite aux Nouvelles Technologies de Communication et en particulier au marché sur Internet, malgré l’enjeu que représente ce secteur.
Concernant la présentation de la situation passée et actuelle, le C.E.S.R. regrette que, malgré ses nombreuses interventions lors des réunions de travail à la DATAR, les données d’ordre économique et social sur l’Outre-Mer et la Réunion en particulier, n’aient pas été intégrées comme si les quatre régions d’Outre-Mer n’existaient pas (densité et évolution de la population, perspectives démographiques, soldes migratoires, disparités de revenus et de richesse, sous-encadrement des Régions, indice de fragilité sociale, intercommunalité, trafic aéroportuaire et activités portuaires, position géopolitique, risques sur l’environnement...). Cela aurait permis de voir les particularités de l’Outre-Mer sur les cartes et de les prendre en compte réellement.
Pour les scénarios et enjeux, le C.E.S.R. remarque que la vision prospective reste exclusivement centrée sur la France métropolitaine, même si le document essaye de prendre en compte son ouverture par rapport à l’Europe.
De plus, la vision de la France en 2020 devrait intégrer davantage la dimension française dans son ensemble car les DOM (et les TOM) constituent des atouts géostratégiques incontestés, dans le cadre de la mondialisation des échanges. L’évolution prévisible de cette mondialisation nécessite donc pour la France (et l’Europe) de valoriser ses bases de proximité dans les différentes parties du monde (Afrique, Asie, Amérique).
Pour la Réunion, son évolution doit aussi s’inscrire dans son environnement géographique, compte tenu de sa " communauté de destin " avec les pays de la zone. C’est ce qui la différencie des régions métropolitaines et c’est ce qui mérite d’être valorisé.
De plus, l’interrégionalité, qui existe au plan national, doit se développer entre la Réunion et d’autres régions françaises, en particulier dans le cadre des relations portuaires ou aéroportuaires, en matière de formation... ou pour la coopération de ces dernières avec les pays de la zone de l’océan Indien.
Avis adopté à l'unanimité des membres présents et représentés