Chik et choc : réveiller notre stratégie sanitaire – note d’urgence

Pour une refondation territoriale de la lutte contre les maladies vectorielles et la santé environnementale

Cette contribution s’inscrit dans la mission de veille, d’analyse et de proposition du CESER de La Réunion, conformément à l’article L. 4134-1 du CGCT. Elle repose sur des auditions croisées, l’analyse des documents cadres (PRS, Livre Vert, ORSEC-LAV), et l’expertise transversale de ses membres. Elle s’inscrit également dans le prolongement des priorités définies par la Stratégie nationale de santé 2023-2033, qui insiste sur la prévention, l’ancrage territorial des politiques de santé et la participation active des citoyens.

Préambule

La présente contribution s’inscrit dans un contexte de vive émotion et de tension collective. Pour la première fois dans cette crise vectorielle majeure, un enfant est décédé à La Réunion. Ce fait, d’une gravité extrême, provoque un véritable choc dans la conscience collective. Il vient rappeler que nous ne faisons pas face à une simple séquence sanitaire, mais à une crise de société, touchant au coeur les plus vulnérables. Le CESER de La Réunion, en tant qu’assemblée consultative de la société civile, tient à exprimer sa solidarité avec les familles éprouvées, tout en appelant à une prise de conscience et une refondation des politiques publiques de prévention.

Selon les estimations croisées de l’ARS et de la veille sanitaire, environ 250 000 personnes auraient été contaminées par le virus du chikungunya depuis le début de l’épidémie, pour seulement 55 000 cas biologiquement confirmés. Cette sous-déclaration s’explique notamment par l’absence de prélèvements systématiques dans certains cas de suspicion.

Selon les éléments transmis par un laboratoire, les prélèvements ne sont plus systématiquement prescrits en cas de suspicion de chikungunya, sauf chez les patients présentant des facteurs de risque. Le diagnostic repose alors sur une évaluation clinique, à l’appréciation du médecin. Par ailleurs, les laboratoires ont été confrontés à une surcharge d’activité importante entre février et mai 2025, limitant encore la capacité de confirmation biologique.

Pourtant, le plan ORSEC arbovirose avait été activé en niveau 4 depuis mars 2025, niveau maximal de mobilisation, traduisant la gravité de la situation.

Ce n’est que le 4 juin dernier, face au ralentissement constaté de l’épidémie de chikungunya, que le dispositif a été ramené au niveau 3, correspondant à une épidémie de faible intensité.

Les auditions croisées menées par le CESER avec l’ARS, l’IRD, le CIRAD et le CYROI ont confirmé les problématiques du système actuel : gouvernance encore cloisonnée, dispositifs réactifs mais peu anticipateurs, coopération territoriale hétérogène, capital scientifique insuffisamment valorisé.

Télécharger les documents

Couverture de la note d'urgencePremière page de la note stratégique de la note d'urgence

Feuilleter

Partager